La nuit dernière, des scènes d’une rare intensité ont ébranlé les rues d’Amsterdam, lors du match opposant l’Ajax d’Amsterdam au Maccabi Tel-Aviv.
En prévision de possibles débordements sur fond de conflit au Proche-Orient, les forces de l’ordre néerlandaises avaient été massivement déployées.
À la fin du match, la violence s’est encore intensifiée lorsque des supporters israéliens ont été agressés, victimes d’une haine antisémite ou anti-israélienne que certains tentent de légitimer par les répercussions tragiques des bombardements sur Gaza. Voir des individus de confession ou d’origine juive, ou perçus comme tels, pourchassés et frappés dans les rues d’une capitale européenne réveille en nous le souvenir glaçant des logiques de persécution qui ont déjà ensanglanté notre continent.
La fraction extrémiste des supporters israéliens s’est certes comportée de façon inadmissible dès avant le match en scandant notamment des chants violemment racistes (« Laissons Tsahal gagner pour en finir avec les Arabes ») ou abjects et provocateurs (« Il n’y a pas d’écoles à Gaza, parce qu’il n’y a plus d’enfants à Gaza »). À ce titre, ces chants sont évidemment condamnables. Mais le racisme ne se combat pas avec des chasses à l’homme fondées sur l’appartenance des personnes à un pays ou une religion, sur la base de la vérification de passeports.
Par ailleurs, perpétrer et justifier les actes de haine à Amsterdam au nom de la défense des Palestiniens, c’est vouloir entrer dans les chemins de la généralisation, de l’assignation et de la stigmatisation. Autant de chemins qui sont ceux, trop bien connus, empruntés en tout lieu et en toute époque par les racistes et les antisémites.