Le 29 février, la presse se faisait l’écho que le chef de l’État aurait demandé à Aya Nakamura que celle-ci interprète une chanson française lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris.
Dans les jours qui ont suivi, l’artiste a été la cible d’attaques racistes, proférées par l’extrême-droite. A l’exemple du collectif identitaire Les Natifs qui s’est notamment affiché le week-end dernier avec une banderole où on pouvait lire : « Y’a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako ». Le but de cette banderole était d’affirmer qu’Aya Nakamura – pourtant artiste française – n’avait aucune légitimité à représenter la France, l’artiste étant renvoyée à des origines maliennes manifestement disqualifiantes aux yeux de l’extrême-droite.
En outre, en partageant la photo de la banderole sur les réseaux sociaux, le collectif Les Natifs savait qu’il contribuait à déclencher des vagues de haine contre Aya Nakamura, nourries par des leaders d’extrême-droite camouflant leur racisme derrière une prétendue défense de la langue française.
Au regard de la nature raciste de la banderole déployée par le collectif Les Natifs et des vagues de haine qui ont ciblé l’artiste, SOS Racisme saisit la justice afin qu’elle étudie si les faits d’incitation à la discrimination et de cyberharcèlement à caractère raciste sont constitués et susceptibles d’entraîner des poursuites.
Pour Dominique SOPO, président de SOS Racisme, « la séquence que nous venons de vivre est celle d’un racisme crasse envers une artiste ciblée du fait de sa couleur de peau. Or, dans notre pays, n’en déplaise à l’extrême-droite, le racisme constitue un délit tout comme la participation au cyberharcèlement. C’est pour que la justice puisse le rappeler que nous la saisissons.
Au-delà, cette affaire est le signe d’une inquiétante offensive politique menée de longue haleine. Nous retrouvons d’ailleurs les mécanismes qui s’étaient mis en place en 2016 lorsque les mêmes personnalités et forces politiques – à commencer par Marion Maréchal Le Pen – s’étaient déchaînées contre la venue de Black M à Verdun dans le cadre des commémorations du centenaire de la Grande guerre. Alors qu’Aya Nakamura est l’artiste francophone la plus populaire au monde, l’extrême-droite montre une fois de plus que chacun de ses actes vise à faire progresser le racisme dans notre pays. Elle montre aussi une fois de plus comment chacun de ses actes amène à donner de notre pays une image détestable, mesquine et grotesque. »