Ce jeudi 25 septembre, Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes, a publié une vidéo sur Instagram pour dénoncer à juste titre la récupération politique de l’affaire de Mathilde et Claire, victimes de viol par un homme sous OQTF et auxquelles nous témoignons notre solidarité. Pour avoir refusé que les histoires de Mathilde et Claire soient instrumentalisées, Anne-Cécile Mailfert a aussitôt été ciblée par des médias de droite et d’extrême droite. C’est pourquoi nous lui apportons notre soutien.
Dans sa tentative de dédiabolisation ou de confusionnisme, l’extrême droite se positionne comme la « protectrice » des droits des femmes. Pourtant, son intérêt pour les violences sexistes et sexuelles (VSS) se limite souvent aux seuls cas impliquant des hommes musulmans, immigrés ou descendants d’immigrés. L’extrême droite cherche ainsi à exploiter ces drames pour imposer une lecture raciste des violences et diffuser son agenda anti-immigration. Ce faisant, elle occulte les véritables causes des VSS, enracinées dans des rapports de domination patriarcaux. Elle détourne ainsi l’attention des mécanismes de la culture du viol.
Il est crucial de rappeler que les violences faites aux femmes ne dépendent pas de l’origine, de la religion ou de la culture. L’affaire Pélicot, durant laquelle l’extrême droite est restée fort silencieuse, a illustré de façon sordide ce que montrent toutes les études : la majorité des violences faites aux femmes survient dans la sphère intime et familiale, avec des agresseurs ordinaires, proches des victimes, de tout âge et de toutes classes sociales.
Investissant le terrain des VSS à des fins racistes et xénophobes, l’extrême droite se limite en toute logique à un discours sélectif qui ne concerne pas toutes les femmes et fragilise l’universalité du combat féministe. Car le féminisme s’est toujours fondé sur un principe clair: défendre toutes les victimes avec la même exigence de justice et de dignité, quelles que soient les origines, croyances ou conditions sociales des victimes ou des agresseurs.
Face à la tentative de récupération dénoncée par Anne-Cécile Mailfert, SOS Racisme rappelle que le profil du « violeur-type » n’existe pas et que les victimes doivent toutes être soutenues avec la même force et la même solidarité.