Le 12 mars 2025, un étudiant de 29 ans a tenté de mettre fin à ses jours en se jetant d’une passerelle surplombant le hall du campus Pasteur de l’Université de Rouen-Normandie (URN). Ce geste désespéré intervient dans un contexte de harcèlement moral à caractère raciste, attribué à Pierre-Antoine Sprimont, professeur d’université. Des propos d’une violence insoutenable ont été rapportés : « On reconnaît une bonne formation au nombre de Noirs et d’Arabes », « Vous devriez faire un projet venant de chez vous, venant de la jungle ».
La sanction disciplinaire adoptée par l’Université à son encontre et la prise de parole du président de l’Université rouennaise plus de 10 jours après ce drame demeurent insuffisantes. Par ailleurs, si une enquête judiciaire est aujourd’hui en cours, SOS Racisme s’inquiète du caractère extrêmement tardif de sa mise en œuvre. Il est établi que d’autres étudiants avaient, avant ce drame, signalé des faits similaires visant le même professeur. Ce délai interroge quant à la réactivité des institutions face à des comportements racistes commis dans un cadre universitaire, là où la vigilance devrait être exemplaire.
Mais au-delà de ce silence institutionnel, ce sont les mots du mis en cause qui choquent par leur violence et leur mépris total de la dignité humaine. Dans un droit de réponse publié dans Paris-Normandie, Pierre-Antoine Sprimont laisse entendre que le signalement pour harcèlement raciste de l’étudiant aurait eu pour objectif de contourner les règles d’admission à un master sélectif :
« Au final, à qui profite cette cabale ? Eh bien, entre autres, à ce même étudiant dont le dossier catastrophique n’avait pas été retenu […] et qui comme par magie a finalement été admis dans le Master CCA de l’IAE de Rouen. […] Cela s’est fait au détriment d’autres étudiants ayant un meilleur dossier. » C’est à la suite de cette publication que l’étudiant a fait une tentative de suicide.
SOS Racisme apporte son soutien plein et entier à l’étudiant, aujourd’hui sorti de l’hôpital, ainsi qu’à ses proches. Nous saluons l’engagement de notre comité local à Rouen, présent aux côtés de la victime, et mobilisé lors de la manifestation organisée le 19 mars sur le campus.
Nous appelons à une réponse institutionnelle à la hauteur de la gravité des faits : que l’ensemble des responsabilités soient établies, que des sanctions exemplaires soient appliquées et que des mesures de fond soient mises en œuvre pour garantir que de tels propos ne puissent plus être tenus dans l’enseignement supérieur.