Le 7 mars 2024, Salime Mdéré, premier vice-président du conseil départemental de Mayotte, a été condamné par le Tribunal correctionnel de Saint-Denis-de-la-Réunion pour provocation d’atteinte volontaire à la vie, à une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis et 10.000 euros d’amende. Il a malheureusement été relaxé du chef de provocation publique à la haine raciale.
Le 24 avril 2023, au début de l’opération Wuambushu menée par le ministère de l’Intérieur pour détruire une partie des bidonvilles de l’île et régulièrement présentée comme une opération visant à expulser du territoire mahorais des étrangers en situation irrégulière, le prévenu était l’invité du journal télévisé de 19 heures de la chaîne publique Mayotte la 1ère.
Evoquant des groupes de jeunes vivant dans des bidonvilles visés par cette opération, monsieur Mdéré n’a pas hésité à utiliser des qualificatifs très graves, exhortant, dans le même temps, à les tuer. Il s’est ainsi exprimé :
« Les gamins qu’on voit de loin, enfin c’est même pas des gamins moi je refuse d’ailleurs qu’on emploie ces termes-là, « jeunes » ou « gamins », ces délinquants, ces voyous, ces terroristes, il faut, un moment donné il faut peut-être en tuer. Je pèse mes mots. Il faut peut-être en tuer pour que … »
SOS Racisme, qui avait porté plainte et s’est constitué partie civile dans cette affaire, se félicite de cette condamnation mais déplore que le tribunal n’ait pas retenu la qualification de provocation publique à la haine raciale, alors même que ses propos étaient dirigés contre les Comoriens en situation irrégulière.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « la justice rappelle utilement qu’il n’est pas admissible que des propos d’une telle gravité puissent être tenus, qui plus est lorsqu’ils le sont par un élu de la République. Il est cependant à déplorer que cette sortie ahurissante de violence et d’irresponsabilité n’ait entraîné aucune sanction politique à l’endroit de monsieur Mdéré, qui a pu conserver sa fonction de vice-président au conseil départemental. Il est également à déplorer que le jugement du tribunal ne reconnaisse pas la dimension raciste des propos tenus, dans un contexte de haine anti-comorienne à laquelle un terme doit être mis. »