À l’audience du 19 septembre 2025 devant le tribunal correctionnel de Nancy, le Parquet a requis des peines à l’encontre de Pierre-Nicolas Nups, Thomas Petit et Maxime Morlon, poursuivis pour provocation à la discrimination, à la haine et à la violence raciale après la diffusion d’affiches racistes lors des élections législatives de 2024.
Les prévenus sont jugés pour avoir diffusé, dans le cadre des élections législatives de juin 2024 dans la 5ᵉ circonscription de Meurthe-et-Moselle, une affiche représentant un enfant blond aux yeux bleus et frappée du slogan : « Donnons un avenir aux enfants blancs ». Vue à de nombreuses reprises à Neuves-Maisons, cette affiche constitue une provocation publique à la haine raciale. Elle avait également été publiée par le président du Parti de la France, Thomas Joly, sur son compte X, accessible publiquement.
SOS Racisme avait porté plainte le 28 juin 2024. L’association souligne que ce message reprend des codes visuels et idéologiques directement inspirés de la propagande suprémaciste et nazie, rappelant notamment les « 14 mots » de David Lane (“We must secure the existence of our people and a future for white children”). Pour SOS Racisme, cette affiche constitue une attaque frontale contre le principe d’égalité et le vivre ensemble en stigmatisant et en excluant explicitement les personnes non-blanches.
L’association rappelle également que le candidat Pierre-Nicolas Nups a déjà été condamné pour des faits de haine homophobe et de menaces de mort visant des personnes LGBT+, confirmant une intention répétée et manifeste de diffuser des messages haineux.
À cette audience, SOS Racisme a demandé au tribunal de reconnaître la culpabilité des prévenus pour provocation à la discrimination, à la haine et à la violence raciale.
Les réquisitions du Parquet sont les suivantes :
- Contre Pierre-Nicolas Nups : 100 jours-amende à 10 € ainsi qu’une peine d’inéligibilité de 3 ans ;
- Contre Thomas Petit : 5 mois d’emprisonnement avec sursis et 1 000 € d’amende ;
- Contre Maxime Morlon : 5 mois d’emprisonnement avec sursis et 500 € d’amende.
Le délibéré est attendu le 3 octobre 2025. L’association, constituée partie civile, était représentée par Maître Battle (06 31 92 38 08).
SOS Racisme souligne l’importance d’une application stricte de la loi afin de prévenir la diffusion de discours haineux et de protéger le vivre ensemble, notamment en période électorale. L’association réaffirme son engagement à défendre les victimes de racisme et de haine, à dénoncer toute résurgence de l’idéologie suprémaciste et à rappeler que la liberté d’expression ne saurait servir de prétexte à la diffusion de messages de haine raciale par les partis politiques comme le Parti de la France.