Massacres racistes d’El-Fasher au Darfour du Nord : la communauté internationale doit agir contre Hemetti et sa milice !

Alors que les images d’atrocités de masse nous parviennent de la ville soudanaise d’El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, les massacres perpétrés sous la direction de Mohammed Hamdan Daglo, dit Hemetti, s’inscrivent dans la continuité d’un projet politique raciste à l’œuvre depuis plus de vingt ans dans la région.

Ancien supplétif du régime d’Omar el-Béchir, Hemetti fut, en tant que dirigeant des terribles milices Janjawid, l’un des principaux artisans des campagnes d’extermination visant les Masalit, les Fours et les Zaghawa, populations noires considérées par leurs tortionnaires comme non arabes. Aujourd’hui, les Forces de soutien rapide (FSR) qu’Hemetti commande reproduisent avec la même impunité les méthodes des milices Janjawid : exécutions systématiques d’hommes et de jeunes garçons, viols de masse contre les femmes et les jeunes filles, déplacements forcés de populations entières. Et ceci au service de logiques d’épuration ethnique qui ne sont pas sans rapport avec des dynamiques génocidaires.

Habile manœuvrier, Hemetti a pourtant réussi à se maintenir dans les arcanes du pouvoir de la République du Soudan (Soudan du Nord, issu de la partition du Soudan).

Alors que le Soudan se débat dans des conflits qui ont provoqué le déplacement de millions de personnes, le meurtre de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants et aujourd’hui une situation de famine, ce qui se joue au Soudan est une épreuve pour la conscience internationale : celle de savoir si le racisme, lorsqu’il s’exprime à grande échelle et dans le sang, peut encore être nommé, reconnu et jugé.

Malgré les déclarations d’organisations internationales et de chancelleries, SOS Racisme alerte sur la trop grande inaction de la communauté internationale face à ces crimes, qui se mue en complicité lorsqu’un soutien de facto est apporté au camp d’Hemetti.

A rebours de ces funestes timidités ou de sinistres complicités, il y a urgence à reconnaître explicitement la dimension raciste des massacres commis par les Forces de soutien rapide et à engager sans délai des poursuites internationales contre les responsables de ces crimes, à commencer par leur chef Hemetti.

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