Dans un contexte mondial marqué par un recul préoccupant des droits des femmes, les violences systémiques, les attaques contre les libertés fondamentales et les inégalités persistent, voire s’intensifient. En Iran, des manifestations ont éclaté à la suite de l’arrestation violente d’une étudiante par la police des mœurs. En Irak, une proposition de loi vise à abaisser l’âge légal du consentement à 9 ans. Aux États-Unis, la récente victoire de Donald Trump ravive les inquiétudes quant à l’effectivité des droits reproductifs et de la lutte contre les violences sexuelles. En France, 93 féminicides et 319 tentatives de féminicide ont été recensés en 2023, selon la MIPROF.
L’extrême droite tente d’instrumentaliser ces combats pour diffuser son message anti-immigration et son racisme. Alors que, dans l’immense majorité des cas, les agresseurs sont issus de l’entourage des victimes, considérer que les violences faites aux femmes sont liées à une culture, un pays, une religion ou une classe sociale est une aberration qui détourne par ailleurs l’attention des mécanismes de la culture du viol.
Le procès Mazan démontre d’ailleurs que le profil du « violeur-type » n’existe pas : il n’est ni migrant, ni étranger, mais bien souvent un homme ordinaire. Par cette affaire, Gisèle Pélicot, qui a choisi de témoigner sans huis clos, a brisé le silence. Ce procès incarne un moment historique dans la lutte contre les violences sexuelles. Comme l’a rappelé Gisèle Pélicot : « Ce procès sera le procès de la lâcheté. Il est grand temps que la société machiste et patriarcale, qui banalise le viol, change. »
À l’approche du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, nous appelons à une mobilisation massive lors de la manifestation du samedi 23 novembre 2024. Soyons nombreuses et nombreux pour faire front commun contre les violences sexistes et sexuelles.