Le meurtre de Djamel Bendjaballah est un crime raciste

Le 31 août 2024, à Cappelle-la-Grande, Djamel Bendjaballah est percuté deux fois puis écrasé, sous les yeux de sa fille âgée de 10 ans, par l’ex-concubin de sa compagne, Jérôme D. Ce dernier est membre de la Brigade française patriote, milice d’extrême droite survivaliste.

Entre décembre 2022 et août 2024, Djamel avait déposé plusieurs plaintes à l’encontre de Jérôme D., notamment pour injures racistes. Ces plaintes ont été classées sans suite pour prescription, à la suite d’une erreur manifeste d’appréciation de la substitut de la procureure, alors même que les faits d’injure raciste sont susceptibles d’une qualification aggravée portant le délai de prescription à un an.

En soutien à la famille, SOS Racisme, la LDH (Ligue des droits de l’Homme), la Maison des potes et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) se sont portés partie civile dans cette affaire, les faits ayant été commis à raison de l’origine de Djamel Bendjaballah.

La juge d’instruction, sur avis de la procureure de la République, a toutefois jugé irrecevables toutes les constitutions de partie civile des associations en se retranchant derrière l’absence actuelle de qualification raciste du meurtre, alors même que les éléments du dossier, les antécédents de Jérôme D. et son appartenance à la Brigade française patriote justifient à tout le moins une instruction sur ce mobile. Ce refus d’entendre les associations s’inscrit dans une attitude de déni systémique du racisme, que la procureure de Dunkerque a ici incarné avec une particulière fermeté.

Les associations contestent leur irrecevabilité devant la chambre de l’instruction et demandent d’une part la reconnaissance de leur qualité de parties civiles, d’autre part la requalification du meurtre en crime raciste et, enfin, des investigations supplémentaires, notamment sur les liens du mis en cause avec la Brigade française patriote.

Les associations appellent au rassemblement en mémoire de Djamel Bendjaballah, ce samedi 17 mai 2025, à 15h, devant le palais de justice de Dunkerque.

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