La justice va-t-elle enfin reconnaître la dimension raciste du crime qui a coûté la vie à Djamel Bendjaballah ?

Ce mardi 7 octobre 2025, à 14 heures, se tiendra l’audience devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Douai dans le cadre de l’affaire du meurtre de Djamel Bendjaballah, survenu le 31 août 2024 à Cappelle-la-Grande (Nord).

Monsieur Bendjaballah a été tué par Jérôme Decofour, militant d’extrême droite, sous les yeux de sa fille. Face à l’horreur de ce drame et aux éléments manifestement racistes entourant les faits, SOS Racisme s’était constituée partie civile afin de défendre la reconnaissance du caractère raciste de ce meurtre.

Avant le drame, l’auteur avait multiplié les propos et comportements racistes à l’encontre de la victime : injures répétées, envoi d’objets visant à offenser, jugement du juge aux affaires familiales confirmant ces agissements, plaintes déposées par Djamel Bendjaballah… sans compter l’appartenance de M. Decofour à la « Brigade Française Patriote », un groupuscule néonazi aux positions ouvertement haineuses.

Pourtant, le 14 avril 2025, le juge d’instruction a rendu une ordonnance déclarant irrecevable la constitution de partie civile de SOS Racisme, au motif que la circonstance aggravante de racisme ne serait pas retenue à ce stade. Notre association, aux côtés des autres parties civiles et soutenue par la famille Bendjaballah, a interjeté appel de cette décision. L’audience du 7 octobre 2025 portera donc sur la recevabilité de cette constitution de partie civile.

Cette procédure est suivie et soutenue par le collectif « Justice pour Djamel », qui milite activement pour que ce meurtre soit reconnu dans sa dimension raciste.

Au-delà de ce dossier, cette affaire met en lumière les difficultés persistantes de la justice française à reconnaître les crimes motivés par le racisme et à rendre justice aux victimes de violences ciblées en raison de leur origine.

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