La dernière étude de l’INSEE, publiée aujourd’hui, révèle que le sentiment de discrimination reste alarmant chez les populations d’origine immigrée, et tend même à s’amplifier. Selon l’étude, les descendants d’immigrés nés en Europe déclarent moins de discriminations que la première génération (-6 points), alors que les descendants d’immigrés nés hors d’Europe en signalent nettement plus (+8 points).
D’autre part, un quart des immigrés comme de leurs descendants déclarent avoir connu des traitements inégalitaires ou des discriminations au cours des cinq dernières années. Les immigrés nés hors d’Europe sont plus nombreux à en rapporter (26 %) que ceux nés en Europe (19 %). Ces chiffres sont à prendre avec d’autant plus de gravité que de nombreuses discriminations ne sont pas connues des victimes puisqu’elles ne sont souvent pas assumées.
Ce constat met en lumière une double problématique : celle de l’insuffisance de politiques publiques aptes à garantir une véritable égalité de traitement entre les individus et celle d’un débat public devenu bien plus agressif à l’endroit des immigrés et de leurs descendants.
Derrière la froideur des chiffres de l’étude, il appartient à chacune et à chacun d’en comprendre la dimension humaine et sociale.
Car, derrière les pratiques discriminatoires, ce sont des réalités d’opportunités moins accessibles en termes d’emplois, de logements, de loisirs ou d’études.
En outre, la perception de l’existence de discriminations à son encontre est d’autant plus douloureusement ressentie lorsque, comme cela est désormais fréquemment le cas, sa famille s’inscrit déjà depuis plusieurs générations sur le territoire national. Manifestement, la promesse républicaine d’égalité pour tous, quelle que soit l’origine, n’est pas suffisamment tenue.
Les constats de terrain de SOS Racisme corroborent d’ailleurs cette analyse. En effet, nos testings continuent de démontrer année après année que les discriminations, notamment à l’embauche et dans l’accès au logement, restent à des niveaux inacceptables. Pourtant, ces résultats peinent à susciter l’intérêt des responsables politiques et des pouvoirs publics, mais également de l’espace médiatique, qui semblent reléguer ces questions au second plan.
Face à cette situation, SOS Racisme appelle les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités et à s’engager avec vigueur dans la lutte contre les discriminations. Nous appelons les partis politiques à faire de ces problématiques des axes de leurs projets pour la France, bien loin de l’agitation des peurs fondées sur le racisme ou de la mise en concurrence des victimes à l’exemple des mises en opposition entre lutte contre le racisme et lutte contre l’antisémitisme.
Des solutions concrètes existent. Pour cela, nous sommes prêts à partager nos propositions.