Le 28 septembre 2019, Eric Zemmour prononçait des propos d’une rare virulence lors de la « Convention de la droite », organisée par les réseaux de Marion Maréchal Le Pen. Ces propos visaient directement les immigrés, notamment musulmans, venus d’Afrique et contenaient des provocations explicites à la discrimination, à la haine et à la violence (les propos sont reproduits en fin de texte).
Une condamnation initiale par le tribunal correctionnel de Paris en septembre 2020 était suivie d’une relaxe incompréhensible par la Cour d’appel de Paris en septembre 2021. En février 2023, la Cour de Cassation cassait ce dernier jugement et renvoyait le dossier devant la Cour d’appel de Paris. Le 22 février 2024, cette dernière condamnait Eric Zemmour à 15 000 euros d’amende pour provocation publique à la haine ou à la violence ainsi que pour injure publique à raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion. La Cour condamnait également Eric Zemmour à verser 1000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme ainsi qu’aux autres parties civiles.
Ce 16 septembre 2025, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Eric Zemmour, confirmant ainsi la décision de la Cour d’appel de Paris prononcée le 22 février 2024. Eric Zemmour est donc définitivement condamné pour les propos incriminés.
La Cour rappelle que les propos tenus par M. Zemmour, loin de se limiter à une analyse politique ou démographique, constituaient un discours de haine ciblant un groupe déterminé. Ces propos appelaient explicitement à la discrimination ou à la violence et imputaient aux personnes visées les pires exactions, incluant des comparaisons à des colonisateurs, des terroristes ou des criminels. Au titre des frais d’une procédure suivie par maître Michaël Ghnassia, Eric Zemmour est par ailleurs condamné à verser 2 500 euros à SOS Racisme ainsi qu’aux autres parties civiles.
Pour Dominique SOPO, président de SOS Racisme, « cet arrêt de la Cour de Cassation met un terme à un marathon judiciaire de 6 années qui nous a été imposé par une première décision en appel qui s’apparentait à un déni de justice. L’issue montre que la ténacité paie et permet aujourd’hui de dire qu’Eric Zemmour est une nouvelle fois définitivement considéré comme un délinquant. Alors que les thèses racistes de ce personnage semblent tenir aujourd’hui le haut du pavé médiatique, cette condamnation est un rappel que les lois de la République française n’admettent pas que la haine puisse servir de fondement à notre société. Mais le hiatus entre cette condamnation et l’audience des idées moisies véhiculées par Zemmour et consorts doivent aussi nous rappeler une chose : le combat contre le racisme ne saurait se limiter à la seule enceinte judiciaire. Le combat contre le racisme est un combat de chaque jour qui nécessite de gagner les consciences et de construire des rapports de force. »
Rappel des propos condamnés :
- « Ce que nos progressistes ne parviennent pas à comprendre, c’est que l’avenir n’est pas régi par des courbes économiques mais par des courbes démographiques. Celles-ci sont implacables. L’Afrique, qui était une terre vide de 100 millions d’habitants en 1900, sera une terre pleine à ras bord de 2 milliards et plus en 2050. L’Europe, qui était alors une terre pleine de 400 millions d’habitants, quatre fois plus, n’est montée qu’à 500 millions. Un pour quatre, le rapport s’est exactement inversé. À l’époque, le dynamisme démographique de notre continent a permis aux blancs de coloniser le monde. Ils ont exterminé les Indiens et les aborigènes, asservi les africains. Aujourd’hui, nous vivons une inversion démographique qui entraîne une inversion des courants migratoires, qui entraîne une inversion de la colonisation. Je vous laisse deviner qui seront leurs Indiens et leurs esclaves. C’est vous. »
- « La question qui se pose donc à nous est la suivante : les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ? Si oui, ils méritent leur colonisation. Si non, ils devront se battre pour leur libération. Mais comment se battre ? Où se battre ? Sur quoi se battre ? »
- « L’immigration c’était la guerre, venir d’un pays étranger pour donner à ses enfants un destin français. Aujourd’hui, les immigrés viennent en France pour continuer à vivre comme au pays. Ils gardent leur histoire, leurs héros, leurs mœurs, leurs prénoms, leurs femmes qu’ils font venir de là-bas, leurs lois qu’ils imposent de gré ou de force aux Français de souche qui doivent se soumettre ou se démettre, c’est-à-dire vivre sous la domination des mœurs islamiques et du hallal ou fuir. »
- « Ainsi se comportent-ils comme en terre conquise comme se sont comportés les pieds noirs en Algérie ou les Anglais en Inde. Ils se comportent en colonisateurs. Les caïds et leurs bandes s’allient à l’imam pour faire régner l’ordre dans la rue et dans les consciences, selon la vieille alliance du sabre et du goupillon, en l’occurrence, la kalach et la djellaba. »
- « Il y a une continuité entre les viols, vols, trafics jusqu’aux attentats de 2015 en passant par les innombrables attaques au couteau dans les rues de France. Ce sont les mêmes qui commettent, qui passent sans difficulté de l’un à l’autre pour punir les “kouffars”, les infidèles. C’est le djihad partout et pour tous et par tous. »
- « Dans la rue, les femmes voilées et les hommes en djellaba sont une propagande par le fait, une islamisation de la rue et les uniformes d’une armée d’occupation rappellent aux vaincus leur soumission. Au triptyque d’antan « Immigration, Intégration, Assimilation » s’est substitué « Invasion, Colonisation, Occupation. »