En solidarité féministe avec l’étudiante iranienne agressée par la « police des mœurs », battue et arrêtée pour un « voile mal porté » en Iran.

En moins de 24h, une vidéo qui nous vient de l’université des sciences de Téhéran est devenue virale et a été partagée par des millions d’internautes à travers le monde. On y voit, une étudiante, fière et digne, faire face à deux patrouilleurs de la police des mœurs sur le campus après qu’elle ait été agressée par eux et ses vêtements déchirés pour un voile prétendument « mal ajusté ».

En guise de protestation et dans un geste de résistance qui force l’admiration, l’étudiante s’est alors dévêtue, crime passible de prison voire de mort en République islamique, et affrontant les autorités, a déambulé devant ses camarades et les forces de sécurité en sous-vêtements. Elle a été immédiatement arrêtée, battue et incarcérée, les médias d’État iraniens qualifiant son acte de « terrorisme ».

Cet acte de bravoure nous rappelle qu’en théocratie, les femmes et les minorités de genre font quotidiennement face à un double harcèlement de rue. De la part des hommes, comme partout dans le monde, mais aussi et surtout de la part de la structure du pouvoir misogyne, autoritaire et religieux et de son impitoyable police des mœurs chargée de faire appliquer les lois patriarcales et de domination qui instituent la tutelle du mari et du frère, contrôle les corps des femmes et des minorités de genre, au nom de la chasteté et de la pudeur, les spolient économiquement et les évince des plus hautes fonctions sociales, économiques et politiques.

En tous lieux, des femmes sont tuées, abusées et dominées par misogynie toujours, par despotisme parfois, et son bras armé, la tyrannie religieuse.

Jina Mahsa Amini n’est pas morte pour une mèche de cheveu. Jina Mahsa Amini a été tuée, en République islamique, parce que c’est une femme.

Moumita Debna, jeune médecin, n’a pas seulement été violée et laissée pour morte après son service dans l’Inde de Modi. Moumita Debna a été tuée, dans les rues de Calcutta, parce que c’est une femme.

Plus près de nous, Gisèle Pelicot, aussi, aurait pu mourir, assommée des drogues que lui administrait son époux. Gisèle Pélicot a été livrée, toute entière, à des prédateurs et abusée parce que c’est une femme.

En solidarité féministe avec cette étudiante iranienne et pour qu’aucune femme n’ait jamais à se dresser seule face à ses bourreaux, nous, féministes, syndicalistes, étudiant.e.s, militant.e.s des droits humains, artistes, citoyen.n.e.s engagé.e.s, élu.e.s appelons à une action de mobilisation :

Toutes et tous, défroquons-nous, pour mettre à nu le patriarcat partout où il sévit à l’encontre des femmes et des minorités de genre !

Signataires :

  • SOS Racisme
  • Iran Justice
  • Fondation des femmes
  • Femmes Avec
  • Alliance des Femmes pour la Démocratie (AFD)
  • Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR)
  • Femen
  • Neda d’Iran
  • Femmes solidaires
  • Les guerrières de la paix

Découvrir nos autres
actualités

De l’incarnation de la liberté aux condamnations pour racisme : les deux vies de Brigitte Bardot.

Brigitte Bardot n’est plus. A l’âge de 91 ans, celle qui fut une icône du cinéma français et même du cinéma mondial est décédée. Au milieu des louanges qui affluent et qui se fondent d’ailleurs sur une carrière cinématographique riche

Sydney : une tuerie antisémite et un héros nommé Ahmed

A Sydney, le bilan de la fusillade qui a visé des Juifs réunis pour la célébration de Hanoukka s’est alourdi. Il y aurait 15 morts et des dizaines de blessés. Derrière ces chiffres macabres, chaque vie qui s’est arrêtée semble

Né-es ici ou venu-es d’ailleurs : pour une France de liberté, d’égalité et de solidarité

Restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeurs d’asile, refus de régularisation, refus de premier titre de séjour, refus de renouvellement de titre de séjour, remise en cause des APL pour les étudiant-es étranger-es, obligations de quitter le territoire français

Harcèlement raciste à l’école : l’affaire Thays révèle les angles morts d’une institution incapable de se regarder en face

SOS Racisme tient d’abord à exprimer son soutien à Thays. Aujourd’hui âgé de 15 ans, Thays a été victime d’un harcèlement raciste. Nous pensons à lui et à sa famille qui ont dû affronter pendant des années une solitude indigne