Ce matin, Gérald Darmanin a annoncé sur BFM-TV qu’il allait proposer la dissolution du GUD, organisation présentée – à juste titre – comme un « ami » du Rassemblement national.
SOS Racisme avait demandé une telle mesure au ministre de l’Intérieur par courrier en date du 26 avril 2023. Nous signalions que le GUD, dont la reprise annoncée de ses activités à compter de novembre 2022, était en réalité une reconstitution des Zouaves Paris, groupuscule d’extrême-droite dissous le 5 janvier 2022 et qui s’était notamment illustré par l’agression de militants de SOS Racisme lors du meeting d’Eric Zemmour à Villepinte. Nous renseignions également les propos et actes violents prononcés ou perpétrés par le GUD et qui se sont poursuivis depuis, à l’exemple de la participation du GUD au « comité du 9 mai » ou à l’implication de Gabriel Loustau, leader du GUD, dans une agression homophobe perpétrée le 9 juin denier à Paris.
Nous regrettons que le ministère de l’Intérieur n’ait pas cru opportun de faire droit à notre démarche de l’année dernière, d’autant qu’elle était fondée sur les arguments que le ministre de l’Intérieur reprend aujourd’hui.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « la lutte contre l’extrême-droite, ses méfaits et ses idées ne saurait naturellement se résumer à la dissolution de ces groupes dont on sait qu’ils ont tendance à se reconstituer rapidement sous une forme ou sous une autre. Lutter contre l’extrême-droite, c’est aussi, au-delà de la réponse sécuritaire, lutter contre les idées qui sont celles de ce camp politique. En effet, la diffusion de ces idées dans notre société crée un terreau favorable qui se traduit par le renforcement des groupuscules ouvertement violents et par les inquiétants progrès électoraux de partis fondés sur la haine de l’Autre et de la démocratie, à l’exemple du RN. »