Condamnation de trois individus pour violences en réunion, menaces de commettre un salut nazi et apologie de crimes contre l’Humanité par le tribunal judiciaire d’Angers

Le 21 mai 2025, le tribunal judiciaire d’Angers a rendu sa décision dans une affaire où SOS Racisme était partie civile. Trois individus comparaissaient pour violences volontaires en réunion, menaces de commettre un délit (en l’espèce contraindre des victimes à faire un salut nazi) et apologie publique de crimes contre l’Humanité, en lien avec des faits survenus dans la nuit du 17 au 18 janvier 2025.

Cette nuit-là, quatre étudiants, alors qu’ils rentraient de soirée, avaient été encerclés, interpellés sur leurs opinions politiques, intimidés, puis frappés par un groupe d’individus. Les agresseurs leur avaient notamment demandé s’ils étaient « de gauche » avant de les menacer et de tenter de les contraindre à effectuer des saluts nazis. Les victimes avaient également été poursuivies, insultées, giflées et rouées de coups.

Le tribunal a reconnu le principal prévenu coupable de l’ensemble des faits et l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement avec sursis, à une obligation de stage de citoyenneté ainsi qu’à une privation de ses droits civiques, civils et de famille pour une durée de 15 ans, incluant notamment son inéligibilité.

Les deux autres prévenus ont été condamnés respectivement à 6 mois et 4 mois d’emprisonnement avec sursis, l’un écopant également d’une amende de 300 euros, et tous deux à un stage de citoyenneté.

La juridiction a en outre reconnu la constitution de partie civile de SOS Racisme recevable et a condamné les prévenus à lui verser 2 000 euros de dommages et intérêts et 800 euros au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale.

Cette décision marque une réponse claire face à des faits d’une extrême gravité mêlant violence physique, intimidation idéologique et invocation explicite de la symbolique nazie.

Le salut nazi constitue une référence directe au régime responsable de l’extermination de six millions de Juifs d’Europe. En exiger l’exécution sous la menace constitue une apologie manifeste de crimes contre l’Humanité et un acte d’humiliation fondé sur la haine politique et antisémite.

Alors que les actes antisémites connaissent une hausse préoccupante en France depuis les attaques du 7 octobre 2023, cette affaire témoigne une nouvelle fois de la nécessité d’une réponse judiciaire ferme pour prévenir la banalisation de la haine et sa traduction en actes violents.

SOS Racisme, représentée par Maître Déborah Gignoli Roilette, réaffirme son soutien aux victimes et son engagement indéfectible dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

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