Condamnation de Marine Le Pen : une peine juste, un combat qui reste entier

Marine Le Pen a été condamnée ce jour à 5 ans d’inéligibilité avec effet immédiat ainsi que 4 ans de prison, dont 2 ans fermes. Les faits reprochés étaient particulièrement graves. En effet, il s’agissait, sur la base d’emplois fictifs de collaborateurs parlementaires et de l’utilisation irrégulière des frais de mandat, d’un important détournement de fonds publics du Parlement européen, pour lequel Marine Le Pen était impliquée en tant que parlementaire européenne et présidente du RN.

Cette décision de justice, qui suit celles qui ont frappé Nicolas Sarkozy, est un signe de santé de notre démocratie. En effet, Marine Le Pen ainsi que 8 prévenus du RN aujourd’hui, tout comme Nicolas Sarkozy il y a peu, ont été jugés en vertu de la loi française, sans qu’un traitement de faveur ne leur soit accordé.

A cet égard, les critiques émises contre ce jugement par les responsables du RN mais également par des personnalités politiques d’autres bords sont particulièrement scandaleuses, que ces critiques portent sur la condamnation en elle-même ou sur l’application à titre provisoire de la peine d’inéligibilité qui découle de la simple application de la loi par les juges. En attaquant un prétendu « gouvernement des juges » ou en faisant mine de s’inquiéter de la vitalité de la démocratie, les auteurs de ces critiques jettent un soupçon sur la légitimité des peines prononcées et donc affaiblissent l’autorité de la chose jugée.

Quelles que soient leurs motivations (volonté d’affaiblir les institutions, tentative de récupérer une partie de l’électorat RN ou logique d’une caste qui voudrait que lui soient appliqués des privilèges), ces critiques sont donc graves.

SOS Racisme rappelle par ailleurs que, toute honte bue, le RN a souvent utilisé les questions de délinquance pour faire avancer son agenda raciste et xénophobe, à l’exemple des campagnes répétées de mise en cause de l’immigration à chaque implication d’un étranger dans des faits délictuels.

Nous rappelons également que – contre toute évidence au regard du nombre de condamnations dont ce parti, ses membres et ses élus ont déjà écopé – le RN s’est souvent présenté, dans une logique poujadiste affirmée, comme le parti de la vertu opposé à une classe politique corrompue. C’est dans cette logique que Marine Le Pen demandait il y a quelques années que les responsables politiques condamnés pour détournement de fonds publics dans le cadre de leur mandat soient inéligibles à vie.

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « les réactions de Marine Le Pen et du RN montrent une nouvelle fois la duplicité de ce parti qui réclame une tolérance zéro pour les autres mais crie au complot lorsque leurs manquements sont condamnés en vertu de la loi. L’absence désormais fortement probable de Marine Le Pen à la prochaine élection présidentielle ne doit cependant pas occulter une réalité : l’extrême-droite reste un danger mortel pour notre démocratie. Ses idéologies antidémocratiques, racistes et xénophobes doivent être combattues avec une vigueur renouvelée car, en 2027, quel que soit le visage que présentera le RN, ce sera celui de la haine et de la confrontation aux principes républicains. »

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