Le tribunal judiciaire de Paris (17ème chambre correctionnelle) a reconnu hier Marguerite STERN et Erik TEGNER coupables d’injures publiques à caractère raciste et les a condamnés chacun à une amende de 500 euros ainsi qu’à 2000 euros de dommages et intérêts à SOS Racisme qui avait déposé plainte et s’était constituée partie civile dans le cadre de ce procès.
Les prévenus étaient poursuivis pour injures publiques à caractère raciste à la suite de la diffusion, le 16 juillet 2023, d’une vidéo sur la chaîne YouTube du média d’extrême droite Frontières.
Dans cette vidéo, Marguerite STERN tient des propos racistes et avilissants à l’égard des personnes issues de l’immigration, en particulier d’origine africaine et moyen-orientale. Elle y établissait un lien prétendument « naturel » entre ces origines et des comportements violents, ressuscitant ainsi une rhétorique pseudo-scientifique héritée du racisme biologique. Ces propos, diffusés sur la chaîne YouTube d’Erik TEGNER, s’inscrivent dans une stratégie plus large de banalisation des discours racistes portée par les milieux identitaires.
Le tribunal judiciaire a reconnu que le fait d’insinuer que les hommes d’origine africaine ou moyen-orientale pourraient être génétiquement plus enclins à commettre des violences à l’encontre des femmes que les autres individus (sous-entendu les blancs) constitue à l’évidence un terme de mépris et un propos outrageant à leur encontre. En essentialisant et présentant ces hommes comme plus dangereux que les autres, le tribunal a rappelé que Marguerite STERN exhume les théories racialistes de la fin du XIXe siècle.
Le tribunal rappelle qu’on ne transige pas avec les discours qui hiérarchisent les êtres humains selon leur origine. SOS Racisme était représentée par Maître Bérénice HAHN DE BYKHOVETZ.
Selon Dominique Sopo, président de SOS Racisme, présent lors de l’audience de jugement, rappelle que « Marguerite Stern est l’incarnation d’une dérive pathétique. Alors qu’elle s’était fait connaître comme une activiste féministe, ce personnage a progressivement sombré dans une transphobie d’une rare virulence condensée dans Transmania, brulôt co-écrit avec Dora Moutot. Cette même virulence l’a conduit à l’extrême droite de l’échiquier politique avec laquelle elle partage le mépris et la haine des groupes que notre société minorise. L’expression de son racisme n’est donc finalement pas étonnante et encore moins lorsqu’il s’exprime sur un média dont elle partage manifestement l’orientation politique. Puisse cette condamnation permettre de rappeler que l’on n’exprime pas impunément une parole raciste. Puisse-t-elle aussi être vue par les citoyennes et les citoyens comme une invitation à s’engager dans la lutte contre le racisme dont nous rappelons qu’il ne sera pas défait par les seules victoires judiciaires. »