Aujourd’hui, le lundi 16 juin 2025, à 14h, se tiendra devant le tribunal judiciaire d’Orléans le procès de Thibau C.. Le prévenu est poursuivi pour avoir apposé dans la nuit du 11 au 12 mai 2025 des autocollants à caractère raciste – et notamment islamophobe – et néonazi dans plusieurs lieux publics du centre-ville d’Orléans et sur le campus universitaire. Il est poursuivi pour les infractions suivantes : provocation à la haine raciale et à la discrimination, apologie de crimes contre l’humanité, port ou exhibition d’insignes nazis et dégradation à caractère raciste.
Le 12 mai 2025, des autocollants visant notamment les musulmans ont été retrouvés dans plusieurs lieux du centre-ville d’Orléans et sur le campus universitaire. Ces autocollants, collés sur du mobilier urbain et divers supports accessibles au public, affichaient des messages haineux tels que : « Vous entrez dans une ZONE interdite aux musulmans. Pas de prière de rue, voile interdiction, intégriste interdit, rituel interdit, sacrifice interdit. Une meilleure société sans musulmans. » ainsi que d’autres slogans en anglais du type : « Le multiculturalisme est un génocide », « Aimez votre pays, détestez les antifascistes ».
Ces autocollants étaient accompagnés de symboles appartenant à l’imagerie de l’extrême-droite et du néonazisme, tels que la totenkopf (crâne humain avec deux fémurs croisés, utilisé comme insigne SS), la croix celtique, le soleil noir, ainsi que des références explicites à la Division SS Charlemagne, via l’évocation de la « brigade Puaud », du nom d’un militaire français ayant commandé cette division nazie. Thibau C. portait par ailleurs le 12 mai un tee-shirt arborant une totenkopf, symbole interdit.
Le 16 mai 2025, SOS Racisme a porté plainte pour ces faits auprès du procureur de la République. L’enquête, et notamment l’exploitation des enregistrements de vidéosurveillance du centre-ville d’Orléans pour la nuit du 11 au 12 mai, ainsi que plusieurs auditions, ont permis d’identifier Thibau C. comme ayant acheté et collé ces autocollants.
En réaction à ces faits, SOS Racisme a mené une action militante le 22 mai à Orléans en recouvrant symboliquement les lieux concernés avec des autocollants proclamant : « Zone interdite aux racistes ».
SOS Racisme, partie civile, sera représentée par Maître Guillaume Traynard dans ce dossier. L’association attend de cette audience une réponse judiciaire à la hauteur de la gravité des faits commis.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « l’action qui s’est déroulée à Orléans illustre une stratégie claire de l’extrême-droite : trouver ou retrouver une emprise sur l’espace public. Alors que le débat public illustre à quel point la parole raciste s’est banalisée ces dernières années, l’extrême-droite tente de pousser son avantage. Entre la tentative de réinscrire les expéditions racistes – les « ratonnades » – dans un schéma de normalité et la volonté – finalement contrariée – de « tenir » des centre-villes à partir de lieux inspirés de la Casa Pound, ces appositions d’autocollants sont une nouvelle illustration de ce dont rêve l’extrême-droite: des espaces dans lesquels les immigrés, leurs enfants ou les musulmans n’auraient pas droit de cité.»