Ce jeudi 4 avril 2025, à 10h, se tiendra devant le Tribunal judiciaire de Bobigny l’audience de jugement des policiers de la BRAV-M accusés de violences sur Souleymane, un jeune homme de 23 ans à l’époque des faits, lors des mobilisations contre la réforme des retraites en mars 2023.
Les faits reprochés aux policiers sont d’une gravité extrême. Selon l’enquête de l’IGPN, Souleymane aurait été violemment frappé et insulté par des agents de la BRAV-M alors qu’il n’opposait aucune résistance. L’un des policiers mis en cause aurait notamment déclaré : « Tu es négatif, t’as le teint négatif », avant de l’asperger de gaz lacrymogène à bout portant. Ces faits s’inscrivent dans un contexte plus large de dérives des forces de l’ordre et de violences policières, en particulier lors des mouvements sociaux.
Malgré la gravité des faits, l’affaire avait initialement été classée sans suite pour certains des auteurs. Ce n’est qu’après l’intervention de parties civiles qu’une nouvelle instruction a été ouverte, conduisant finalement au renvoi des policiers devant le Tribunal correctionnel. Toutefois, ce renvoi avait été ordonné sans retenir la circonstance aggravante de racisme et ne visait que deux des policiers qui ont commis ces actes. Ces omissions a finalement été corrigée par une citation directe retenant cette circonstance et visant les autres policiers auteurs des violences. Nous regrettons profondément l’absence de poursuite et de reconnaissance immédiate des circonstances aggravantes de racisme dans cette affaire, alors même que les propos tenus et les violences exercées s’inscrivent dans une logique raciste manifeste.
SOS Racisme, partie civile dans ce dossier, attend de cette audience une réponse judiciaire à la hauteur des faits. Les institutions de la République ne sauraient tolérer que des agents censés faire respecter la loi se rendent coupables de violences racistes. Il est impératif que la justice rappelle que les comportements jugés lors de cette audience n’ont pas leur place au sein des forces de l’ordre.
Représentés par notre avocat Maître Ivan Terel, nous serons présents à l’audience aux côtés de Souleymane pour exiger que toute la lumière soit faite sur ces agissements et que les responsabilités soient pleinement reconnues.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « il est trop rare que ces violences inacceptables en République arrivent devant les tribunaux et qu’une lumière crue soit projetée sur ces actes et sur leurs auteurs. Nous espérons qu’à l’issue de cette audience Souleymane ainsi que toutes celles et ceux qui ont eu à subir le racisme puissent se dire que justice a été faite. »