Saadia Mosbah, 64 ans, éminente figure de la lutte antiraciste en Tunisie et fondatrice de l’association Mnemty (« mon rêve »), a été arrêtée à Tunis, le 6 mai dernier. Cette arrestation s’inscrit dans une série d’attaques contre les défenseurs des droits humains et de la démocratie, reflet d’une dérive autoritaire inquiétante dans le pays.
En 2018, l’association avait été un moteur dans l’adoption de la loi condamnant les propos racistes en Tunisie.
Aujourd’hui, sur fond d’un racisme à l’endroit des migrants subsahariens agité par le parti nationaliste tunisien et repris par le chef de l’Etat Kaïs Saïed, l’association Mnemty est officieusement accusée de façon grotesque de participer à un complot visant à faciliter l’installation desdits migrants en Tunisie afin de repeupler la Tunisie de noirs africains.
Cette accusation grotesque ne vient pas de nulle part. En effet, dès 2023, le chef de l’État, adepte de la théorie d’extrême-droite du « grand remplacement », a tenu un discours de dénonciation de ce prétendu grand remplacement, entraînant d’immenses violences envers les migrants subsahariens et, par ricochet, les Tunisiens noirs.
Nous exprimons notre profond soutien à Mnemty, à Saadia Mosbah et à tous les militants antiracistes en Tunisie.
Nous demandons la libération de Saadia Mosbah.
Nous appelons à la fin de la stigmatisation des migrants subsahariens et des Tunisiens noirs et à la protection de leurs droits fondamentaux.
Signataires :
SOS Racisme – Touche pas à mon pote
FTCR – Fédération des Tunisiens citoyens des deux Rives
MRAP – Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples
LDH – Ligue des droits de l’homme