Après plus de 20 ans de procédure, Adecco condamné pour discrimination raciale à l’embauche

Ce jeudi 13 mars, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé la condamnation de la société Adecco, pour discrimination raciale et recueil et conservations d’informations faisant apparaître les origines ethno-raciales des personnes (communément appelé « fichage ethnique » ou « fichage ethno-racial »). La société a été condamnée au paiement d’une amende de 50.000 euros et chacun des dirigeants de l’ahence Adecco incriminee à une amende de 10.000 euros. De février 1998 à février 2001, l’agence Montparnasse d’Adecco a mis en place et utilisé un système de discrimination à l’embauche par subordination d’une offre d’emploi à un critère prohibé par la loi, fondé sur le fichage ethnique des intérimaires, et dont la vocation était de satisfaire les ordres discriminatoires émanant des clients. Ce système était fondé sur l’existence du code « PR4 » (« Paris Restauration 4 ») qui regroupait tous les intérimaires de couleur. La procédure avait commencé le 30 janvier 2001, lorsque SOS Racisme avait saisi l’inspection du travail pour qu’une enquête soit diligentée.

Ce résultat a pu être obtenu grâce au lanceur d’alerte Hérald Roffat et au travail acharné des associations au cours de l’enquête et de l’instruction. SOS Racisme se félicite de cette condamnation majeure mais regrette la longueur affligeante de cette procédure, qui témoigne d’un déni de justice. Ce jugement et la lenteur des réactions sur ce sujet constituent une opportunité pour les pouvoirs publics d’agir et de lutter efficacement contre les discriminations raciales.

Pour Dominique SOPO, président de SOS Racisme, « Les résultats du testing interim rendus publics hier montrent que les discriminations raciales à l’emploi restent un fléau. La condamnation prononcée ce jour à l’endroit d’Adecco vient utilement rappeler que la loi sanctionne ces pratiques – révélées par l’action courageuse d’un lanceur d’alertes – dont le tribunal a rappelé la gravité sur le pacte républicain. Après 23 ans de procédures et de dénégations de la part d’Adecco, nous espérions évidemment des peines plus lourdes. Nous espérons maintenant que ce qui est quoi qu’il en soit pour nous une belle victoire pousse les pouvoirs publics à agir avec bien plus de détermination et de constance contre le racisme et les discriminations raciales.»

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