Le 5 décembre 2021, plusieurs militants de SOS Racisme se rendirent au Parc des expositions de Villepinte afin d’assister au meeting de lancement de la campagne présidentielle d’Eric Zemmour, alors au plus haut dans les sondages.
A cette occasion, nos militants avaient prévu de se lever pacifiquement afin d’arborer sur des tee-shirts et de scander un slogan qui devrait sonner comme une banalité en République : « Non au racisme ».
Mais dès qu’ils scandèrent ce « Non au racisme », ils furent violemment pris à partie par des spectateurs. Insultés, agressés à coups de poing et de chaises par des partisans de Reconquête !, la scène fut filmée et largement relayée par les médias.
Les images montrent de nombreux individus participant à cette agression. Pourtant, au terme de l’enquête, seuls deux hommes sont renvoyés en correctionnelle pour « violence en réunion avec armes ». Ils seront jugés ce vendredi 6 décembre 2024 devant le tribunal correctionnel de Bobigny.
Parmi les accusés : Marc de Cacqueray-Valmenier, figure centrale des mouvances néofascistes en France. Ancien leader des groupuscules Zouaves Paris et GUD, deux structures dissoutes en raison de leur caractère violent et idéologiquement extrémiste, il a été employé cet été comme gardien de l’île privée de Vincent Bolloré, dont les liens avec l’extrême droite ne sont plus à prouver depuis qu’il a mis son empire médiatique au service de la candidature d’Eric Zemmour à l’élection présidentielle.
SOS Racisme déplore le faible nombre de prévenus dans le box des accusés, alors que les individus susceptibles d’avoir accompagné Marc de Caqueray-Valmenier pour se comporter en service d’ordre officieux du meeting d’Eric Zemmour sont connus des services de police pour graviter autour de la mouvance des « Zouaves Paris » et étaient donc susceptibles d’être facilement identifiés sur les nombreuses vidéos documentant l’agression de nos militants.
SOS Racisme attend de ce procès que justice soit rendue et que les prévenus soient jugés à la hauteur de la gravité des faits imputés. Nous espérons également que ce procès sera l’occasion de comprendre davantage le niveau de connivence qui a pu exister entre les équipes d’Eric Zemmour et le service d’ordre officieux manifestement mis en place par des éléments de l’ultradroite emmenés par Marc de Caqueray-Valmeunier.
Pour Dominique SOPO, président de SOS Racisme, « le procès du 6 décembre est le procès d’individus confits de haine raciste et antisémite. Il est a contrario un moment où sera mis à l’honneur l’attitude digne et courageuse de nos militants qui n’ont pas hésité à se dresser pour rappeler qu’ils n’accepteraient jamais que, en un seul endroit de notre territoire, il puisse exister des manifestations publiques où nous ne pourrions plus dire « Non au racisme ! ». Bien loin des trop faibles condamnations d’une grande partie de la classe politique à l’époque des faits et même d’accusations de « provocations » lancées contre nos militants par Gérard Larcher, puisse ce procès déboucher sur une condamnation judiciaire exemplaire. »