Le 3 février 2025, dans un article paru au sein de la gazette hebdomadaire de l’ensemble scolaire Immaculée-Conception à Pau, son directeur Monsieur Christian ESPESO, tenait les propos suivants: « Il faudra attendre le procès Eichmann, en 1961, pour que la Shoah surgisse dans l’actualité mémorielle. N’oubliez pas toutefois que la majorité des cinq à six millions de victimes juives ont été exterminées par la famine, les mauvais traitements et surtout les fusillades de masse comme à Baby Yar, fin septembre 1941, près de Kiev ».
Ces propos – diffusés auprès des élèves, de leurs parents et du corps enseignant – sont d’une ambiguïté frappante : l’emploi des termes « toutefois », « extermination par la famine » et « mauvais traitements » minimise le rôle central qu’a joué le régime nazi dans le massacre de plus de 6 millions de Juifs . La rhétorique choisie sous-entend que les Juifs n’auraient pas été assassinés mais seraient décédés des suites de famine et de mauvais traitements, sans qu’aucune intention criminelle ne soit notée.
Alertée par ces propos insidieux portant sur l’extermination systématique de plus de 6 millions de Juifs par le régime nazi et ses satellites collaborationnistes, SOS Racisme a déposé plainte le 12 mars 2025 pour contestation de l’existence de certains crimes contre l’Humanité, délit réprimé par l’article 24 bis de la loi de 1881 sur la liberté de la presse.
Il nous semble clair que Monsieur ESPESO propage un discours volontairement ambigu à l’endroit de la nature de la Shoah. SOS Racisme rappelle l’importance de la vigilance dont il faut faire preuve face à de tels propos.
Au-delà de la violence que ces propos représentent pour les personnes de confession juive, il s’agit ici de dénoncer le regain de négationnisme au sein de la société, l’importance du devoir mémoriel face à la recrudescence des actes antisémites et la nécessité de sensibiliser les nouvelles générations à la nature des crimes du nazisme.
SOS Racisme appelle le procureur de la République de Pau à engager des poursuites sous les qualifications adéquates pour faire condamner l’auteur de ces propos et affirmer ainsi que des propos de cette nature, d’autant plus diffusés auprès d’élèves, ne peuvent être impunément énoncés.