Depuis plusieurs jours, les tensions entre manifestants, les forces de l’ordre et des milices menacent la paix civile en Nouvelle Calédonie.
La dégradation de la situation est due à l’absence de pilotage des discussions par Matignon – méthode pourtant éprouvée depuis 1988 – un pilotage des et à une logique de brutalisation incarnée par le choix du président de la République de passer en force pour faire adopter une réforme du corps électoral ne faisant pas consensus entre indépendantistes et loyalistes.
Depuis les années 1980, un équilibre fragile en Nouvelle Calédonie repose sur le dialogue régulier des différentes parties autour du statut de l’île, de la reconnaissance de sa souveraineté et d’un processus de décolonisation dans la relation à la France.
En 2021, cet équilibre a été rompu à cause de l’entêtement du gouvernement à organiser un 3e référendum boycotté par les indépendantistes, mettant de fait un terme au processus enclenché par les accords de Nouméa.
Les différentes parties devaient alors reprendre des discussions sur une feuille de route au sujet du statut de l’île et de ses habitants. Conditionner ces discussions à l’adoption d’une loi élargissant le corps électoral sans consensus est une faute politique grave et irresponsable.
La méthode du passage en force, tant utilisée par Emmanuel Macron sur d’autres sujets, ne saurait fonctionner dans le contexte inflammable de la Nouvelle Calédonie où la sortie de la situation coloniale et la paix requièrent du temps et du dialogue. SOS Racisme demande au gouvernement de suspendre la réforme du corps électoral pour apaiser les tensions.