Ce mardi, le procès des policiers accusés d’agression contre Théo Luhaka s’ouvre à Bobigny. L’incident, survenu le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois, a gravement blessé Théo lors d’un « contrôle d’identité » filmé qui a choqué la France entière. La visite de François Hollande, président de l’époque, à l’hôpital de Théo témoigne de l’ampleur de l’émotion suscitée par cet acte de violence policière.
SOS Racisme a immédiatement soutenu Théo et sa famille, appelant à une réaction ferme des autorités face à ce cas emblématique de violence policière. L’association a organisé des rassemblements, rencontré des membres du gouvernement, et élaboré des propositions pour réformer le fonctionnement des forces de police.
Cependant, près de sept ans plus tard, il est décevant de constater que peu de progrès ont été réalisés. Les gouvernements successifs ont échoué à instaurer les réformes nécessaires pour améliorer les relations entre la police et les populations, en particulier celles issues de l’immigration. Les zones de « reconquête » républicaines, au lieu de contribuer à un apaisement, perpétuent les stigmates à l’égard des jeunes hommes noirs et arabes, tandis que les démarches de réformes et les dénonciations des violences policières restent insuffisantes.
SOS Racisme regrette particulièrement que la circonstance aggravante de racisme, malgré les injures racistes subies par Théo dans le véhicule de police, n’ait pas été retenue. Cette omission témoigne d’une tendance inquiétante à minimiser l’impact du racisme dans les violences policières, qui touchent souvent des victimes noires ou arabes.
En soutien à Théo et sa famille, les responsables et militants de SOS Racisme seront présents au tribunal de Bobigny pour la durée du procès, qui se déroulera sur 10 jours. Leur présence vise à rappeler l’importance de traiter ce cas avec la gravité qu’il mérite et à soutenir les efforts pour une réforme véritable et efficace des pratiques policières.