Le samedi 14 janvier, dans une émission télévisée, Madame Barèges, députée UMP membre du collectif de la Droite populaire, a utilisé l’expression « préférence nationale » pour appeler à la mise en œuvre de cette dernière. Il est particulièrement inquiétant d’entendre une députée formellement membre d’un parti républicain verser dans l’extrême-droite en reprenant un axe central du programme du FN.
La préférence nationale est un des éléments fondamentaux qui ont justifié qu’un cordon sanitaire soit créé autour du Front national. Et pour cause : la préférence nationale, qui cache bien mal par ailleurs une préférence ethnique, est une remise en cause frontale du principe d’égalité, c’est-à-dire d’une valeur centrale de l’identité républicaine. Mais il est vrai que Madame Barèges semble avoir un problème viscéral avec le principe d’égalité : opérant un rapprochement il y a quelques mois entre les homosexuels et les animaux, elle s’oriente dorénavant dans la différenciation des droits entre Français et étrangers, qui ne pourrait être obtenue au demeurant que par une remise en cause de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, partie intégrante du préambule de la Constitution française.
En défendant la préférence nationale, Madame Barèges montre, à l’instar de plusieurs de ses collègues membres du collectif de la Droite populaire, à quel point les alliances avec le Front national sont activement préparées et à quel point les idées de ce dernier sont en train d’imprégner une fraction croissante de la classe politique.
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