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LE TESTING

"Une arme de mobilisation massive contre les discriminations raciales à la portée de tous"

HISTORIQUE
A partir de 1995, SOS Racisme organise des testing "boîtes de nuit" pour dénoncer les discriminations raciales à l'entrée de ces établissements.
Depuis l'arrêt de la Cour de cassation en date du 12 septembre 2000, le testing est un mode de preuve recevable devant les tribunaux pénaux. Deux ans plus tard, dans un arrêt du 11 juin 2002, la Cour de cassation réaffirme la légitimité de la méthode du testing même en l'absence d'un huissier de justice. Finalement, les "tests de discriminations" ont été légalisés par la loi sur l’égalité des chances du 31 mars 2006, introduisant un nouvel article 225-3-1 dans le code pénal.

LE PRINCIPE
Pour vérifier si une discrimination raciale existe, des personnes d'origines différentes vont se présenter successivement à l'entrée d'un établissement, vont postuler à un emploi ou répondre à une annonce de logement.
Si la proposition d'emploi, de logement, ou l'entrée d'un établissement n'est pas offerte aux personnes d'origines étrangères (seul critère qui permet de distinguer les candidats, par la consonance de leur nom, par leur couleur de peau, par leur accent), le flagrant délit de discrimination raciale est avéré.
L'approche comparative permet en effet de constater de manière flagrante qu’un employeur, un propriétaire, un bailleur, un videur etc... opère un tri en fonction de l’origine de la personne.

PROUVER UNE DISCRIMINATION POUR SAISIR LES TRIBUNAUX
Le résultat du testing va permettre, devant les tribunaux pénaux, d’apporter la preuve de la discrimination, notamment lorsque un enregistrement – vidéo et/ou audio – de la scène a eu lieu et qu’une personnalité aux qualités morales indiscutables (élus, avocats, huissiers, magistrats, médecins…) a pu constater les faits.
Le testing est également un outil de sensibilisation de l'opinion publique, les opérations de testing couvertes par des équipes de journalistes, diffusées à la télévision, à la radio ou détaillées par la presse écrite ont un impact fort et mobilisateur sur la société civile et les pouvoirs publics.

ORGANISER UN TESTING

ÉTAPE 1 - CONSTITUER LES ÉQUIPES
Les candidats testeurs doivent: - Être comparables dans la mesure du possible (âge, apparence physique, style vestimentaire). Ils ne doivent se distinguer que par le critère perçu comme révélateur de la discrimination.
- Être irréprochables (ne pas avoir de casier judiciaire, d’antécédents connus par les physionomistes, avoir les compétences requises...).
- Demander les motifs si ils constatent une différence de traitement.
- Le testeur le plus susceptible d’être discriminé intervient en premier.
- Le testeur "de référence" ne doit pas être une personne fictive (il doit donner sa véritable identité, ne pas mentir sur ses diplômes...).

Pour le testing dans l’accès aux boites de nuit : la composition la plus pertinente est la suivante : 3 équipes, chacune composée de 2 garçons et d’1 fille. Les trois groupes ne doivent se distinguer que par le critère de la couleur de peau. TOUJOURS prévoir des testeurs en plus en cas de désistement.

Pour le testing emploi : les deux testeurs doivent avoir un parcours scolaire et professionnel similaire (les CV et lettres de motivation doivent être équivalents). L’un des testeurs doit avoir un nom à consonance extra-européenne et l’autre un nom à consonance européenne. Les testeurs répondent à la même annonce (par mail ou téléphone) ou dépose leur CV dans la même entreprise.

Pour le testing logement : les deux testeurs doivent avoir un profil équivalent en terme de ressources et de stabilité d’emploi. L’un des testeurs doit avoir un nom à consonance extra-européenne et l’autre un nom à consonance européenne. Les testeurs doivent solliciter la même agence ou le même particulier pour le même bien ou le même type de bien.

ÉTAPES 2 : LES TÉMOINS

Il est préférable de s'assurer de la présence d'un témoin de moralité lors du testing (élu, avocat, magistrat, journaliste, médecin), qui pourra attester de la véracité des faits.
De plus, les testeurs sont tous des témoins du déroulé de l'opération. Ils doivent remplir une attestation de témoignage en cas de discrimination avérée.

Pour le testing dans l’accès aux boites de nuit : le témoin de moralité devra se placer non loin de l’entrée de la boîte, sans attirer l’attention. Il doit noter les horaires de passage et les précisions qu’il estime importantes.

Pour le testing emploi ou logement : si le testing se fait sur présentation physique, le témoin de moralité peut être présent (dans le commerce où les CV sont déposés ou lors de l'entretien avec l'agent immobilier par exemple).

ÉTAPE 3 : ENREGISTREMENT DES ÉCHANGES

Se munir d'un outil audio et/ou vidéo, qui sera porté par le testeur (caméra cachées, dictaphones, téléphones portables, MP3…).

Pour le testing dans l’accès aux boites de nuit : le testeur le plus proche du videur porte le dictaphone en marche dans sa poche. C’est ce dernier qui devra poliment et explicitement demander à rentrer. En cas de refus, il en demandera le motif.

Pour le testing téléphonique (emploi ou logement) : activer le dictaphone avant d’appeler, le testeur doit indiquer son nom, l’heure, la date du testing ainsi que le nom de l’entreprise testée. Puis enregistrer les conversations téléphoniques.

Pour le testing sur présentation physique (emploi ou logement) : les testeurs doivent enregistrer les échanges.

ÉTAPE 4 : EN CAS DE DISCRIMINATION : PORTEZ PLAINTE !

Après le testing, témoins et testeurs doivent mettre leur témoignage par écrit avec le plus de détails possible. Le tout doit être accompagné de la photocopie recto verso de la pièce d’identité.
Avec l'ensemble des témoignages et des enregistrements, se rendre au commissariat du quartier pour porter plainte. Puis récupérer le double des dépositions des testeurs.