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Le FN et la Norvège : gêne et haine

Le drame sanglant qui s’est abattu sur la Norvège pose à l’évidence la responsabilité morale des forces politiques et intellectuelles qui, en Europe et depuis plusieurs années, ont patiemment contribué à hystériser le débat sur les musulmans et sur l’immigration. Jouant des procédés intellectuels les plus sordides, alliant le mensonge à la sophistique la plus nauséabonde, ces forces ont contribué à développer un climat de paranoïa des plus inquiétants dans certains secteurs de la société, offrant une vision du monde dans lequel l’invasion migratoire et musulmane devrait pousser les Européens « de souche » à entrer en résistance pour sauver leur espace de vie.

 N’est-ce pas d’ailleurs dans cette logique poussée à son point le plus extrême que l’assassin norvégien s’est lancée ?

 Face à un tel choc, on aurait pu penser, sans doute naïvement, que le Front national, dans sa prétendue « mue républicaine », se lancerait dans une introspection salutaire sur la responsabilité des discours dans les actes qui se déploient dans nos sociétés.

 Au lieu de cela, ce parti a adopté deux attitudes également condamnables : des tentatives d’ « explication » ou de justification exprimées par des cadres du Front National, dont Monsieur Ozon, l’un des principaux conseillers de Marine Le Pen. Et, de façon plus massive, un silence gêné, aussi bien sur la caractérisation du drame norvégien que dans la réaction qu’on aurait été en droit d’entendre d’un parti aux prétentions de respectabilisation face à des sorties, en son sein, fondées sur la haine de l’Autre.

 On dit que le FN a changé par le fait que la Seconde Guerre mondiale est de moins en moins une référence pour la nouvelle génération de cadres. Mais, manifestement, Seconde Guerre mondiale ou pas, la haine de l’Autre reste bien le fond de commerce sur lequel l’extrême droite française entend prospérer.

 

Contact presse : Aline Le Bail-Kremer 0673069974