Monsieur le Président,
Je vous écris aujourd’hui afin d’exprimer ma vive réprobation suite aux propos tenus par Eric Zemmour qui, dans l’émission « Paris-Berlin : le débat », diffusée par Arte, a tenu à réhabiliter la notion de « race ». En effet, à l’occasion d’un débat intitulé « Demain, tous métis ? », Monsieur Zemmour s’est permis de défendre l’existence de plusieurs races au sein de l’espèce humaine, distinguant notamment une « race noire » et une « race blanche ». Il s’est même autorisé à se situer dans un nauséabond entre-deux puisque son propos visait explicitement à renvoyer dos-à-dos la sacralisation de la race opérée par les nazis et la négation de cette dernière, négation présentée clairement comme un symptôme.
Depuis plusieurs années maintenant, et avec une intensité toujours plus forte, cet individu se permet de tenir des propos d’une extrême gravité sur les sujets ayant trait aux questions de racisme, de sexisme et d’homophobie, à tel point que ce côté « sulfureux » est devenu chez Monsieur Zemmour un fond de commerce qui trouve toujours malheureusement des acheteurs dans le grand cirque médiatique de la course à l’audimat. Sa « sortie » sur les races dépasse la limite du tolérable et je pense qu’il n’est guère la peine de longs développements pour expliquer ce qui m’amène à poser ce constat.
Si je vous écris, c’est en raison du fait que les chaînes de télévision invitent cet individu de façon régulière aux seules fins de jouer la carte « iconoclaste ». Car si Monsieur Zemmour est invité sur les plateaux de télévision, c’est justement pour l’entendre dire les propos que je dénonce aujourd’hui dans cette lettre. Or, il me semble qu’il est du rôle du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de veiller à ce que la course à l’Audimat ne puisse tout légitimer. Les propos de Monsieur Zemmour, ceux d’aujourd’hui, ceux d’hier et sans doute ceux d demain, sont d’une gravité suffisante et blessent – et de façon légitime – suffisamment de personnes et de valeurs pour que cela soit rappelé aux chaînes avec la plus grande des fermetés.
Vous sachant attaché à l’existence d’un espace audiovisuel dynamique mais respectueux des valeurs de la République et de la dignité des personnes, j’espère que votre réaction sera suffisamment ferme pour que de tels évènements ne puissent se reproduire.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie, Monsieur le Président, de recevoir mes salutations distinguées.
Monsieur Dominique SOPO
Président de SOS Racisme
Publié le 17/11/2008 à 17:11
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