SOS Racisme exprime son profond soulagement suite à la remise en liberté des réfugiés kurdes de Syrie par les Juges de la Liberté et de la Détention des TGI de Rennes, Marseille et Nîmes.
Pour mémoire, 123 réfugiés kurdes de Syrie – dont une quarantaine d’enfants -, ont été privés de leur liberté depuis leur arrivée en Corse, il y a 4 jours, au mépris de toutes normes légales.
Retenues de force dans un gymnase depuis vendredi dernier, les autorités françaises ont décidé de les éparpiller dans différents centres de rétention afin de les expulser, au lieu de leur faciliter l’accès à la procédure d’asile. En effet, toute personne demandant l’asile doit bénéficier d’une série de garanties –pouvoir rester légalement en France le temps de la demande, bénéficier de droits sociaux dont l’accès à un hébergement et de droits juridictionnels tels que le recours suspensif - qui n’existent pas si la personne réfugiée est enfermé dans un centre de rétention.
Les Juges de la Liberté et de la Détention ont mis fin au régime d’exception mis en œuvre pour l’expulsion de ces réfugiés, en lieu et place de leur protection. Nous attendons avec sérénité les décisions des JLD des TGI de Lyon et de Toulouse, qui seront rendues dans la journée quant au devenir des dernières personnes toujours enfermées.
M. Besson, lors de sa présentation des vœux du janvier dernier, s’est adressé un satisfecit pour son action envers les réfugiés, la France étant désormais « la championne » de l’asile.
Pour autant, concernant la protection des ces réfugiés, c’est l’Etat de droit qui est foulé aux pieds quand on transforme un gymnase en local de garde à vue pour y enfermer des femmes enceintes et des nourrissons…. Quand on enferme des réfugiés dans des centres de rétention pour les expulser au lieu d’examiner leur demande d’asile….Et surtout, quand après une remise en liberté décidée par la Justice, on les laisse livrer à eux-mêmes, au bon soin de la générosité et la solidarité de la société civile, au lieu de leur fournir l’aide et l’assistance dont ils ont besoin.
SOS Racisme appelle le Gouvernement à respecter ses engagements internationaux, notamment la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, et à accorder sans plus tarder protection à ces réfugiés, qui, après l’enfer de leur traversée et malgré les causes de leur départ, se sont retrouvés pris au piège de la politique migratoire française et de ses enjeux électoralistes.
Publié le 25/01/2010 à 19:58
|