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Le négationnisme dans le monde occidental : un paravent pseudo-scientifique de l’antisémitisme(V)

Le négationnisme en Espagne et en Amérique Latine.

Le négationnisme en Espagne et en Amérique latine : au croisement des traditions néo-nazie ; ultra-gauchiste ; islamiste et catholique intégriste d’extrême- droite

Le négationnisme de langue espagnole, qu’il s’exprime en Espagne ou en Amérique latine, est un rameau tardif du négationnisme en général, mais qui mérite une étude approfondie pour au moins deux raisons.

La première est qu’il s’agit d’un cas rare de négationnisme empruntant souvent à la fois au néo-nazisme et au catholicisme intégriste dans ses préjugés antisémites, lesquels sont des déclinaisons de l’antijudaisme religieux et de la théorie du complot, mais avec des déclinaisons particulières. Une forme spécifique de la théorie du complot a, par exemple, émergé en Argentine, dans les milieux ultra- nationalistes en 1971 et s’est diffusée avec la parution en d’un opuscule titré : Plan Andinia, el nuevo estado judio[1]. Lancé par le professeur d’économie à l’université de Buenos-Aires, Walter Beveraggi Allende, ce faux émet l’idée que le « sionisme international » projette d’envahir l’Amérique latine à partir de la Patagonie argentine et chilienne. Il s’agit d’une sorte de déclinaison locale des Protocoles des Sages de Sion, qui semble trouver des adeptes à l’autre extrémité du spectre politique, puisque le « Plan » a été mis en ligne intégralement sur le site altermondialiste Indymedia Uruguay[2].

La seconde spécificité du négationnisme de langue espagnole est que, l’Espagne étant restée neutre pendant la Seconde Guerre Mondiale, et l’Amérique Latine n’ayant que très marginalement participé au conflit, le négationnisme qui s’y exprime n’est pas, comme en Allemagne ou dans les pays qui ont collaboré avec le nazisme, une manière de s’absoudre des crimes du nazisme. Cependant, on ne saurait sous-estimer le rôle qu’ont joué, dans le développement du négationnisme, trois traditions idéologiques : celle des fascismes (en Espagne) qui se sont trouvés alliés à l’Allemagne avant 1939 ; celle des mouvements fascistes ou fascisants latino-américains (Intégralisme brésilien[3] ; sinarquisme mexicain[4] ; MNS chilien de Gonzalez Von Marees notamment[5]) et enfin, celle des nazis ou fascistes réfugiés, soit en Espagne soit en Amérique latine après 1945. La tradition d’ultra-gauche est, en Espagne, très peu représentée, à l’exception d’un texte de Serge Thion[6] intitulé Le monde comme magique chambre à gaz, publié sur le site d’extrême- gauche España Roja , dirigé par Lorenzo Peña (http://www.eroj.org/biblio/thion/th...). L’article est présenté comme « una denuncia argumentadísima y documentadísima no sólo de la infinita mendacidad del imperialismo yanqui para justificar su incesante política de guerra —que se traduce en reiteradas, crueles y sanguinarias agresiones contra los pueblos—, sino también de la obsequiosa y lacayuna complicidad sin escrúpulos de la prensa burguesa en esa constante campaña de desinformación ».

L’origine du négationnisme en Espagne remonte, selon José Luis Rodriguez, au lancement de la revue Juanperez, issue de milieux phalangistes radicaux et qui donnera naissance au mouvement néo-nazi CEDADE en 1966[7].

Celui-ci suivra, progressivement et à partir de 1970, une orientation de plus et plus ouvertement nazie, dans laquelle le négationnisme jouera un rôle croissant, au point que l’organisation jouira, jusqu’à sa disparition en 1993, d’un statut- culte assez unique au sein de l’ultra- droite européenne et même mondiale, lié à la fois à sa radicalité de ton, à son esthétique néo-nationale socialiste, à son habileté à intégrer dans une attitude nostalgique les éléments modernisateurs du discours de la « nouvelle droite » et enfin, à surmonter la contradiction existante entre le paganisme propre au national-socialisme et l’identité profondément catholique de l’ensemble de l’extrême- droite espagnole[8].

Le succès relatif de CEDADE, qui tient à cette alchimie et non pas au nombre réduit de ses militants[9], a également été facilité par l’apport idéologique (et sans doute financier) de quelques exilés survivants du fascisme ou du nazisme (Léon Degrelle[10] ; Otto Skorzeny), ainsi que par l’absence, jusqu’en 199, d’une législation spécifique réprimant la négation du génocide nazi. On signalera, par exemple, que Louis Darquier de Pellepoix, ancien commissaire aux questions juives du gouvernement français de Vichy, qui fait scandale en 1978, lorsqu’il donne une interview à l’hebdomadaire l’Express, dans laquelle il affirme que « à Auschwitz, on a gazé que des poux », le fait à partir de Madrid, où il vit depuis 1945[11].

On peut également affirmer, avec Xavier Casals, que CEDADE fut également un des principaux, et sans doute des premiers, mouvements d’extrême- droite à avoir bénéficié des largesses financières de pays ou de dignitaires arabes, qu’il s’agisse de l’Arabie saoudite ou du Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al Husseini. En plus de la revue du même nom, on peut rattacher à CEDADE les œuvres de quelques auteurs comme Joaquin Bochaca (en particulier son livre El Mito de los seis milliones, publié en 1978) ; depuis janvier 1987, l’activité de la Libreria Europa à Barcelone sous la direction de Pedro Varela[12] et quelques revues qui ont continué à diffuser l’antisémitisme ainsi que la négation du génocide, en particulier Mundo NS (1984) et Bajo la Tirania, sous la direction de Ramon Bau, actuellement directeur de Centro de Estudios Indoeuropeos . Parmi les propagateurs actuels du négationnisme, on citera les éditions Garcia Hispan, la Libreria Europa et le portail internet Nuevo Orden, qui comporte de nombreux liens vers des revues skinhead et néo-nationales-socialistes, espagnoles et sud-américaines en particulier, ainsi que d’autres pages internet comme www.resistenciaria.org, qui propose en ligne l’ouvrage de Enrique Aynat, El holocausto al debate, respuesta a Cesar Vida (1995). Aynat, également auteur de Los protocolos de Auschwitz, una fuente historica ?[13], semble à ce jour l’auteur négationnisme espagnol le plus reconnu au sein de la secte des négateurs.

Le négationnisme se limite-t-il à ces secteurs nostalgiques ? Certainement pas. Si on doit effectivement considérer que l’antisémitisme n’est que périphérique au sein des mouvements phalangistes, Rodriguez Jimenez a bien démontré qu’il se retrouvait, régulièrement, dans les rangs du Movimiento Falangista de España et des Juntas Españolas, tandis que Phalange española de la JONS et Phalange Española Independiente se mobilisent en faveur de la cause palestinienne en renversant l’accusation de génocide sur Israël et insistent sur le « chantage » que le génocide permettrait à l’Etat hébreu d’exercer[14]. Les groupes nationalistes- révolutionnaires dits « tercéristes » ont également inclus à la marge le négationnisme, conséquence de leur antisionisme absolu. Ainsi, le groupe Alternativa Europea ( fondé en 1993) s’est fait l’écho des œuvres de Roger Garaudy[15] tout en recommandant aux lecteurs des sites négationnistes[16] et en protestant contre les mesures judiciaires contre la Libreria Europa[17].

En Amérique latine, le premier auteur négationniste, qui est chronologiquement le mexicain Salvador Borrego (1915), est remarquable en ce qu’il a été édité, de 1957 à 1970, par le dirigeant du mouvement sinarquiste et catholique intégriste, Salvador Abascal (1910-2000), qui publia Derrota Mundial aux éditions Jus, qu’il dirigeait, lui ouvrant également les colonnes de sa revue, La Hoja de Combate.[18]. Toutefois, ni l’antimaçonnisme, ni l’antisémitisme, ni l’anticommunisme de Borrego n’ont une quelconque originalité, alors que d’autres négationnistes latino-américains ont apporté une touche personnelle à l’idéologie très répétitive qu’ils défendent. C’est le cas en premier lieu de l’argentin Norberto Ceresole (1943-2003)[19], qui a été tour à tour dans l’entourage du président péruvien Velasco Alvarado (1968), puis dans celui du président vénézuélien Hugo Chavez, et qui bénéficiait de bonnes connections à la fois dans le monde musulman, en Union soviétique ( il appartenait à l’Institut d’Amérique latine de l’Académie des sciences de l’URSS) et à Cuba.

Tiers-mondiste et surtout anti-américain, acquis à la théorie du complot juif et semble-t-il proche des intérêts iraniens, Ceresole ne fut jamais dans le premier cercle des conseillers de Chavez, qui finit par s’en séparer. Toutefois, il a acquis en raison de son engagement vénézuélien, une audience qui favorise la dissémination des thèses négationnistes dans le milieu altermondialiste. Par contraste, les autres négationnistes, surtout en Argentine et au Chili, restent attachés à une sorte de néo-nazisme caricatural qui emprunte également à une tradition argentine de l’antisémitisme catholique intégriste, tel qu’il a été théorisé notamment par le père Julio Meinvielle (1905-1973)[20] et le philosophe Jordan Bruno Genta[21], ou par des mouvements politiques ultra- nationalistes du style Tacuara, dans les années 1960. Ainsi, la page internet What a lie (http://purelies.pydot.com/princ.htm) hébergée par Geocities Argentine ou, plus connu, le Partido Nuevo Triunfo, dirigé par Alejandro Biondini et les pages internet qui en dépendent, Red Kalki (http://redkalki.libreopinion.com) et Ciudad Libertad de Opinion (http://www.libreopinion.com/index.html), ou encore la maison d’édition Ediciones El Walhalla, dirigées par Hector Buela. Le frère de celui-ci, le philosophe Alberto Buela, issu de la mouvance péroniste et qui publie la revue Disenso, proche de la « nouvelle droite européenne », incarne encore une autre tendance, celle qui a incorporé l’antisémitisme vivace dans une partie du péronisme et dont peu aussi se revendiquer Adrian Salbuchi, auteur récent (décembre 1985) d’un texte intitulé La falsificacion de la historia como instrumento de dominio [22], qui comporte en exergue des citations de George Orwell ; Norberto Ceresole et du général Peron.

Au Chili, la filiation néo-nazie est représentée par le mouvement Patria Nueva Sociedad (PNS), dirigé par Alexis Lopez Tapia, qui met en ligne le site Accion chilena (www.accionchilena.cl), ainsi que par un petit noyau d’étudiants qui ont fondé en 2000 à Conception mouvement Terra Australis, qui s’exprime sur http://terraustralis2004.tripod.com et met en ligne des textes de Fred Leuchter et de la Vieille Taupe.

La personnalité la plus étrange de l’univers négationniste est toutefois celle de l’ancien diplomate Miguel Serrano (1915), qui mélange dans une sorte de religion nazie mystico- romantique la croyance dans les soucoupes volantes, dans un plan de colonisation par les juifs du sud chilien, et dans les origines occultistes du nazisme. Serrano, connu de par le monde dans les cercles néo-nazis par son livre Adolf Hitler, el último avatãr[23], affirmait en 2003 au journal Las Ultimas Noticias, à propos de la Shoah, que le problème était « la enorme cantidad de dinero que sus promotores están obteniendo con el cuento. Hay un libro de Israel Shamir, un judío, que se llama “La industria del holocausto”, donde se critica la manera en que se ha organizado la compensación a las supuestas víctimas del holocausto. Alemania, por ejemplo, ha pagado millones sobre millones »[24].

Dans les autres pays latino-américains, le négationnisme est le fait soit de groupuscules nazis dont la réalité de l’existence n’est pas assurée ou qui sont infra- groupusculaires[25] soit d’individus isolés, comme à Panama, le Colectivo Tropical de Revisionismo [26] ; au Brésil, Siegfried Ellwanger Castan qui dirige Revisao Editora, diffuseur en premier lieu de ses propres ouvrages (Holocausto : Judio o Aleman ?) ; Sergio Oliveira, autre négationniste brésilien[27] ou enfin l’écrivain mexicain proche de la « nouvelle droite », José Luis Ontiveros, plus subtil dans ses formulations[28].

On signalera pour conclure deux autres spécificités latino-américaines. D’une part, un journal cubain proche du pouvoir a publié un article de Maria Poumier, professeur d’espagnol à l’université de Paris VIII et collaboratrice de la revue de Roger Garaudy, A Contre-Nuit, a publié dans Granma, le 26 mai 2003, un article intitulé « Palestina y Cuba, las coincidencias y las urgencias »[29], qui sans être négationniste, avait un contenu clairement antisémite qui prenait pour cible, ce qui est rarissime dans la presse officielle cubaine, la communauté juive locale. D’autre part, il semble que certains milieux d’extrême- droite cherchent à diffuser la littérature négationniste et anti-sioniste radicale de langue espagnole dans la communauté latino des Etats-Unis. Ainsi , Editorial Solar, filiale basée en Floride de la maison d’édition colombienne du même nom, dirigée à Bogota par Hector Cruz Sanchez, diffuse les œuvres de Serrano, Leuchter, Honsik et Carlos Porter et le groupe La Voz de Aztlan, qui milite pour un Etat des latinos dans la partie sud-ouest des Etats-Unis, diffuse, en particulier en Californie, un mélange d’antisémitisme inspiré par les Protocoles et l’antijudaïsme chrétien, par ailleurs très favorable à l’islamisme radical et au mouvement Nation of Islam[30].

Conclusion :

Le négationnisme, en 2006, s’exprime majoritairement sur internet, les lois contre le racisme, l’antisémitisme et la négation de la Shoah ayant considérablement réduit le recours aux supports papier ( journaux ; revues), ceux qui demeurent n’étant lus que par un petit nombre de militants déjà acquis. Le rôle d’internet pose au chercheur un problème méthodologique important. En effet, le caractère proliférant des sites, qui, par le système des liens, fonctionnent « en boucle », rend très malaisée la hiérarchisation des contenus et l’identification des auteurs. Le problème, traditionnel en sciences sociales, de « l’effet de loupe », c’est-à-dire le grossissement artificiel de son objet d’étude par le chercheur manquant de distance par rapport à celui-ci, joue à plein dans le cas du négationnisme, de sorte qu’il est, encore une fois, difficile d’estimer à son juste niveau l’impact réel de celui-ci.

Il semble toutefois que le négationnisme soit, dans le monde occidental, un quasi phénomène sectaire, qui apparaît toutefois comme faisant partie intégrante de la culture politique de l’extrême- droite, très souvent acquise à une vision du monde reposant sur la théorie du complot.[31]

Il est également répandu, quoique moins fréquemment, à l’extrême-gauche, où il puise dans une vieille tendance à l’hyper-criticisme ainsi que dans l’erreur d’analyse, également reprise par le marxisme orthodoxe, consistant à ne voir aucune différence de nature entre capitalisme, fascisme et nazisme. Il s’alimente de plus en plus, dans toutes les familles politiques, d’un antisionisme absolu, niant au peuple juif le droit à un Etat et retournant en faveur des Palestiniens, contre Israël, le schéma da la victime et du bourreau applicable au génocide des juifs par les nazis.

De la sorte, les nazis d’aujourd’hui seraient les victimes du nazisme hier, et les juifs du temps présent ceux qui, précisément, refusent à l’Etat d’Israël le droit à l’existence. Il n’est pas indifférent de noter, lorsqu’on constate que le négationnisme a migré vers le monde arabo-musulman, que le négationnisme européen et américain a commencé à sortir de la confidentialité médiatique juste après 1975, année où fut votée par l’Organisation des Nations Unies la résolution 3379 assimilant sionisme et racisme.

Si il faut se garder d’établir une équivalence totale entre antisémitisme et antisionisme, il n’en est pas moins vrai que c’est l’antisionisme, dans sa version radicale, qui est aujourd’hui le principal vecteur de l’antisémitisme[32].

Enfin, le négationnisme porte une charge émotionnelle forte, en particulier pour les communautés juives et les survivants du génocide. Il est choquant par son caractère odieux, extrême, obscène souvent. Mais il n’est peut-être pas l’idéologie qui contribue le plus à relativiser la spécificité et l’ampleur du génocide des juifs, ce à quoi contribuent également, avec beaucoup plus de respectabilité scientifique apparente et d’acceptabilité sociale et politique, l’utilisation de plus en plus indiscriminée du terme « génocide » ou la « Historikerstreit » allemande, laquelle préfigure sans doute le sort qui attend, dans plusieurs générations, le traitement réservé dans les manuels d’histoire et les consciences collectives, à un événement au sens propre du terme, extra-ordinaire.

Jean-Yves Camus : Politologue, CERA ( Centre Européen de Recherche sur le Racisme et l’Antisémitisme), Paris. Auteur (avec René Monzat) de : Les droites nationales et radicales en France. Presses Universitaires de Lyon, 1992, Les extrémismes en Europe, Editions de l’Aube, 1998

[1] Nous avons consulté la version publiée en 1977 à Buenos-Aires par Editorial Nuevo Orden, 1977

[2] La page est encore consultable en février 2007 : http://uruguay.indymedia.org/news/2...

[3] Sur l’antisémitisme des intégralistes, en particulier de Gustavo Barroso, cf. Marcos Chior Maio, Nem Rotschild nem Trotsky, O Pensamento anti-semita de Gustavo Barroso, Imago Editora, 1992

[4] Sur le sinarquisme : Jean Meyer, El Sinarquismo, el cardenismo y la Iglesia, 1910-1947 ; Tusquets Editores, Mexico, 2003

[5] Sur le MNS : Erwin Robertson, El Nacismo chileno, Avatar Editions, 2005 ; sur la postérité du MNS après 1945 : Textos y Documentos del Nacionalismo Revolutionario chileno, Alternativa Europea, 1999

[6] Thion s’est rapproché dernièrement d’une organisation d’ultra-gauche majoritairement implantée en Italie et sans doute issu de la mouvance maoïste armée, le Campo Anti-Imperialista, dont l’activité principale consiste à soutenir les groupes palestiniens radicaux et la « résistance »irakienne issue du mouvement communiste. Sa présence est attestée au Campo Anti-Imperialista qui s’est tenu à Assise en août 2004, cf. L’impérialisme jugé en Assise, article mis en ligne sur www.stcom.net. Il existe une version espagnole du site internet de Thion : http://vho.org/aaargh/espa/solavaya... Solavaya signifie Sociedad Ofrecida a los Amantes de VerdadesAntiholocáusticas Y Apuñalantes

[7] Rodriguez, Reaccionarios y golpistas, op.cit, p.115 et s.

[8] La revue mobilise par exemple une citation de Hitler, une de Gottfried Feder, une de Goebbels et une de Rudolf Hess, pour tenter de montrer que les dignitaires nazis restaient chrétiens et valorisaient positivement le christianisme. Cf. CEDADE n°175, 1991, p.36

[9] Xavier Casals, dans La tentacion neofascista en Europa, op.cit ; p.131-132, conteste l’interprétation de Rodriguez selon laquelle l’innovation apportée par CEDADE fut l’introduction du négationnisme, et suggère que l’élément novateur fut plutôt la volonté du groupe de s’insérer dans un milieu « néofasciste européen d’avant-garde » proposant une « mystique pan- européenne néo-fasciste ». Les deux sont exacts, mais dans le domaine du nationalisme européen, CEDADE est légèrement précédée (1963) par Jeune Europe, le mouvement fondé par Jean Thiriart.

[10] Léon Degrelle (1906-1994) a publié en Espagne, Carta abierta al Papa sobre Auschwitz, aux éditions Fuerza Nueva (1979) et a apporté son soutien à la création puis à l’activité politique de CEDADE. En 1985, ses déclarations à la revue Tempo sur le génocide, donnèrent lieu à un dépôt de plainte d’une survivante de la Shoah, Violeta Friedmann, qui après avoir perdu en première instance, gagna son procès grâce à une décision de la Cour Suprême qui condamna Degrelle à une forte amende . Le livre est aujourd’hui encore disponible auprès de l’Association Culturelle des amis de Léon Degrelle dans la version des Ediciones Ojeda. Il est d’ailleurs contradictoire avec d’autres déclarations du chef rexiste, qui affirme par exemple, dans un texte intitulé Les exilés : “Des camps de concentration, des fours crématoires, j’avais tout ignoré » ce qui revient à en admettre l’existence.

[11] L’Express, 28 octobre 1978

[12] Sur la librairie, voir le documentaire de David Mauas : Historias de un Librero, 2000.

[13] Ed.Garcia Hispan, 1990

[14] Rodriguez Jimenez, Antisemitism and the Extreme-Right in Spain, op.cit

[15] « Garaudy responde », in Tribuna de Europa n°13, diciembre 97-enero 98, p. XII

[16] CODOH, dans ce même numéro, p.42

[17] J.A.Llopart, « La libreria Europa y la libertad de expresion », Alternativa Joven, n°5, enero 97

[18] Cf. Edgar Gonzalez Ruiz, Los Abascales : conservadores a ultranza, Grijalbo, 2002

[19] Principaux ouvrages : Terrorismo fundamentalista judío, nuevos escenarios de conflictos (Libertarias, Madrid, 1996) ; El Nacional judaísmo : un mesianismo pos­sionista, con prólogo de Roger Garaudy (Libertarias, Madrid, 1997) ; España y los judíos, Expulsión, Inquisición, Holocausto, 1492-1997 (Amanecer, Madrid, 1997) ; La Falsificación de la Realidad (Libertarias, Madrid-Buenos Aires, 1998) y La Conquista del Imperio Americano (Al-Andalus, Madrid-Buenos Aires, 1998) ; Caracas, Buenos Aires, Jerusalem. Tres ensayos geopolíticos (Ediciones Nueva República y Al Andalus , 2001 ) ; La cuestión judía en la América del Sur (Ediciones Nueva Republica y El Andalus, 2003). Pour une biographie militante : http://es.altermedia.info/date/2003...

[20] Auteur de El judío en el misterio de la historia, Theoría, Buenos Aires 1959. Sur Meinvielle et l’intégrisme latino-américain en général, voir Graciela Ben Dror, La iglesia católica ante el Holocausto , Alianza Editorial, 2003

[21] Sur Genta, assassiné en 1974 par un groupe d’extrême-gauche, cf. Clementi, Hebe. "El pensamiento de Jordán Bruno Genta". Todo es Historia 22, No. 253 (1988), pp. 38-49.

[22] Texte reproduit dans la revue mexicaine Ultimo Reducto, invierno 2005

[23] Ediciones de la Nueva Edad, Santiago de Chile, 1984

[24] Miguel Serrano : “El cristianismo es una mentira”, Las ultimas noticias, Santiago de Chile, 15 février 2003

[25] Ainsi du Movimento NS Despierta Peru, (http://www.libreopinion.com/members... ) , dont le site comprend une « bibliothèque en ligne » qui met à disposition les textes de Richard Harwood ( Murieron realmente 6 millones ?) et Charles E . Weber (120 preguntas sobre el Holocausto), mais aussi Palestina, la unica victima del Holocausto, de Norberto Ceresole ainsi qu’un texte anonyme : 66 preguntas y respuestas sobre el Holocausto, la mentira historica del systemo democratico . Voir aussi le site de El Observador Popular ( Vocero del nacionalsocialismo en el Peru) : http://members.libreopinion.com/pe/....

[26] Voir www.revisionismo.net. Le site semble lié à un auteur d’origine allemande, Axel Kappatsch, dont il vend le livre, Europa addio, Ein kontinent verfällt

[27] Oliveira : Sionismo X revisionismo (Fantasia X Realidade) ; A Propaganda das Atrocidades é uma Propaganda de Mentiras, disponibles via internet à : http://www.econac.net/Revisao.htm

[28] Dans la revue Disenso n°5, primavera 1995, p.50-51, Ontiveros dénonce , dans son article La policia del pensamiento, « una forma de linchamiento legal, de « pogrom de goims (Céline dixit) con las nuevas leyes de excepcion que establecen delitos de opinion sobre materias aberrantes como la xenofobia, el racismo, la discriminacion… », et affirmant que la France « seria dominada por un supragobierno, que en suabyecta locura el doctor Destouches llamo Kahal y que no seria mas que el dominionde los sabios de Sion ».

[29] Maria Poumier, issue de la mouvance communiste, est spécialiste de l’oeuvre de José Marti

[30] Voir : http://www.aztlan.net

[31] Thème sur lequel on lira l’ouvrage magistral de Pierre-André Taguieff, La foire aux illuminés, Editions Mille et Une nuits, 2005

[32] Et qui contribue, pour reprendre l’expression très juste de Judith Bokser, à la « deslegitimacion de la existencia judia contemporanea ». cf. Judith Bokser, El Antisemitismo : recurrencias y cambios historicos, Revista mexicana de Ciencias politicas y sociales, n°182/183, mayo-diciembre 2001, pp. 101-132



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Publié le 10/01/2008 à 15:42


 

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