Louis Schweitzer présentera à 14 heures le bilan d’activité de la HALDE pour l’année 2009.
En 5 ans, nous avons pu assister à l’émergence d’une institution en charge des discriminations en France, alors qu’un organe équivalent existe aux Etats-Unis depuis 1964.
Pour autant, l’activité de la HALDE a permis de faire prendre conscience de l’interdit discriminatoire notamment dans le monde de l’entreprise mais également dans les institutions et les administrations publiques.
En outre, l’institution a également permis de faire émerger des situations de discrimination souvent méconnues telles que celles liées au handicap ou à l’apparence physique.
La HALDE a évolué - malgré un certain scepticisme – en ayant le souci de porter un discours républicain pour faire vivre l’Egalité entre les citoyens. Ainsi, les prises de position audacieuses de son Président à l’encontre des statistiques ethniques, des tests ADN et des emplois « fermés » réservés aux nationaux, dans une période où certains voudraient organiser les inégalités, ont permis à la Haute Autorité de ne pas tomber dans les travers de la simplicité en faisant la promotion de mesures gadgets.
Pour autant, SOS RACISME regrette qu’à la création de la HALDE, contrairement au système mis en place au Royaume-Uni, il n’ait pas été fait le choix d’une collaboration accrue avec les acteurs de terrain, que sont les associations, dont le quotidien est de lutter contre les discriminations.
En outre, SOS RACISME tient que le recours trop fréquent au règlement alternatif des litiges (médiations, transaction…) favorise l’indemnisation individuelle sans pour autant remettre en cause les processus discriminatoires.
Or, l’insuffisance des procédures judiciaires et, notamment pénales qui pourtant symbolisent l’interdit, qui découlent des saisines entraîne nécessairement la survivance d’un sentiment d’impunité face aux discriminations nuisible à la cohésion sociale.
Ainsi, la Halde reste une jeune institution qui doit encore faire ses preuves mais dont le rôle n’est pas négligeable. Il apparaît inacceptable, dans un contexte de faible mobilisation des pouvoirs publics sur la question des discriminations, que des menaces plus ou moins couvertes soient portées à l’encontre de l’existence, la pérennité et les moyens de cette institution.
SOS RACISME espère que le renouvellement des instances dirigeantes de la HALDE sera celui d’un accroissement de la capacité de l’autorité à être un acteur majeur pour sensibiliser l’ensemble de la société sur les questions de discrimination.
Par ailleurs, SOS RACISME encourage la HALDE à une plus grande coopération avec les acteurs de terrain dont l’expérience en matière de lutte contre les discriminations s’est affirmée au fil de leurs actions.
Publié le 09/03/2010 à 12:41
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